L’horlogerie peut sembler, dans sa définition la plus nue, l’art de mesurer le temps ; elle est en vérité cette quête profonde et philosophique d’alignement que l’homme a menée avec les rouages immenses du cosmos, avec la révolution des étoiles et avec le rythme de la terre. Tandis que nous tentons d’enfermer le temps entre des roues dentées, ce que nous mesurons en réalité, c’est la danse parfaite, sans écart et inclinée de notre Terre autour du Soleil.
La première signature qu’Abraham-Louis Perrelet a posée dans l’histoire de l’horlogerie en 1777, en inventant le remontage automatique, devient aujourd’hui, sur les toiles microscopiques d’IFL Watches, une manifestation entière de la terre où se croisent l’astrophysique, la géographie, la science du climat et l’art de la peinture miniature. La Perrelet x IFL Watches Weekend GMT Atlas n’est pas seulement un instrument de voyage qui donne deux fuseaux ; c’est une carte philosophique et scientifique de la planète, portée au poignet.
La rose des vents d’or à seize branches qui brille au centre exact du cadran est le point fixe qui porte toute l’architecture esthétique et mécanique de la montre.
Tout au long de l’histoire, aux âges où la boussole n’était pas encore inventée, le ciel fut le seul guide de l’humanité. Des marins phéniciens aux navigateurs polynésiens du grand large, tous se réfugièrent dans ce clou unique et immuable du ciel nocturne : Polaris. Pendant que la Terre tournait sur son axe, Polaris, aligné exactement sur le pôle céleste nord, demeurait immobile ; toutes les constellations autour de lui étaient en danse circulaire.
Imaginons un voyageur de la fin du quinzième siècle, sorti des eaux tourmentées de la Méditerranée pour faire voile vers des géographies inconnues. Au milieu d’une tempête qui dure des jours, pas une étoile n’est visible au ciel et la ligne d’horizon n’est pas nette. Sur un pont de bois battu par les vagues, le voyageur dispose d’un seul refuge, tiré d’un coffret de noyer : cet instrument ancien coulé dans le laiton, portant une rose des vents à seize branches. À l’instant où l’aiguille marque le nord, le voyageur ne trouve pas seulement une direction ; il fixe de nouveau le port laissé derrière, l’inconnu qui s’étend devant, et donc sa propre position d’existence dans le cosmos. La rose des vents est pour lui cet alignement immuable descendu sur la terre pour les moments où les étoiles sont invisibles.
La rose des vents au centre de cette montre travaille exactement ainsi : un point fixe qui relie toutes les géographies, tous les climats et tous les fuseaux du cadran.
format_quote"La rose des vents est cet alignement immuable descendu sur la terre pour les moments où les étoiles sont invisibles."
Hasan Bekmezci
Quand nous portons les yeux de la rose des vents vers les quatre grandes régions climatiques du cadran, ce n’est pas seulement l’art de la miniature qui nous attend ; c’est l’une des lois physiques les plus élégantes du cosmos qui se donne à voir.
Comment ces sommets polaires, ces forêts tropicales, ces océans turquoise et ces déserts arides viennent-ils à exister ? Derrière eux se tient un mécanisme astrophysique miraculeux, celui que l’homme a le plus de mal à saisir et qui rend la vie possible : l’inclinaison axiale de vingt-trois degrés et demi de la Terre, et la résonance thermodynamique que cette inclinaison produit.
Se représenter notre Terre comme une bille parfaite roulant autour du Soleil est une grande erreur. Notre planète avance dans le vide avec une inclinaison de vingt-trois degrés et demi, comme une toupie qui a commencé à ralentir sans tomber, ou comme une ballerine qui glisse sur la scène en penchant légèrement une épaule en avant.
Si la Terre n’avait pas gardé cette inclinaison, les rayons du Soleil auraient toujours frappé l’Équateur à angle droit et les pôles toujours en tangente. Ni les saisons ni la biodiversité visuelle que nous suivons sur ce cadran n’existeraient. Chaque point de la terre serait enfermé trois cent soixante-cinq jours durant dans la même température morne et monotone. Aucune feuille ne jaunirait, aucun oiseau migrateur ne battrait de l’aile, aucune mousson ne réveillerait le sol. La vie serait privée du rythme thermodynamique par lequel elle se renouvelle.
Or cet écart angulaire de vingt-trois degrés et demi ouvre entre le Soleil et la Terre un immense tango cosmique.
Tenez une lampe de poche bien perpendiculaire au mur : la lumière forme un cercle étroit, très vif et brûlant. Inclinez la lampe et la même quantité de lumière s’étale sur une surface plus large, son intensité baisse et la surface refroidit. Pendant que la Terre accomplit son tour de trois cent soixante-cinq jours autour du Soleil, cette inclinaison constante de vingt-trois degrés et demi fait que l’hémisphère nord tourne tantôt son visage vers le Soleil et, six mois plus tard, son épaule. Les quatre régions du cadran sont la toile de cette immense lampe thermodynamique sur la terre.
La forêt tropicale en haut à droite du cadran, avec le perroquet entre les branches, figure la ceinture équatoriale. Là, la lampe reste presque à angle droit toute l’année ; la forte densité de photons porte la photosynthèse à son maximum, et le feuillage dense, l’humidité et la chaleur se combinent en ces couleurs vives.
Les sommets enneigés et glaciaires en bas à droite sont la région que la lumière atteint sous l’angle le plus oblique, où les photons perdent leur énergie dans les couches de l’atmosphère et s’éteignent. La température baisse, le mouvement moléculaire ralentit et l’eau passe de la forme liquide à la glace cristalline. Ces montagnes sont le sceau visuel de cette danse moléculaire ralentie de la thermodynamique.
format_quote"Sans cette inclinaison, chaque point de la terre serait enfermé trois cent soixante-cinq jours durant dans la même température monotone."
Hasan Bekmezci
L’océan qui s’étend sur la gauche du cadran, avec le dauphin entre les vagues, figure l’immense thermostat de la planète. L’eau est un liquide à très haute chaleur spécifique ; elle se réchauffe lentement et se refroidit lentement. Cette étendue bleue parle de la fluidité liquide et de la circulation atmosphérique qui empêchent les climats de basculer aux extrêmes.
En bas à gauche s’élèvent des pyramides, une caravane de chameaux et le sable. La subsidence d’air sec au-dessus des tropiques du Cancer et du Capricorne empêche la formation des nuages et les rayons du Soleil brûlent directement le sol. C’est en mesurant les ombres franches jetées par ce Soleil brûlant, avec des gnomons et des cadrans solaires, que l’humanité a découvert le temps. Les pyramides figurent à la fois une géographie climatique et la naissance de l’horlogerie.
En haut à gauche se tient le rivage chaud sous les palmiers : la bande de transition où la ceinture équatoriale touche la zone tempérée.
Derrière cette profondeur scientifique et philosophique se tient le savoir-faire horloger traditionnel de Perrelet.
Dans le boîtier Weekend en acier inoxydable de trente-neuf millimètres bat le calibre manufacture P-401, qui travaille à vingt-huit mille huit cents alternances par heure et offre quarante-deux heures de réserve. L’aiguille GMT à pointe rouge, qui monte du centre, permet de lire un second fuseau sur l’échelle de vingt-quatre heures. Un guichet de date se trouve à six heures, la glace est en saphir, l’étanchéité atteint cinq atmosphères et le mouvement se regarde par un fond transparent.
La montre est livrée sur un bracelet acier, et sa boîte contient également un bracelet de cuir bleu à changement rapide. Chaque cadran étant peint à la main un par un, aucun n’est identique à un autre ; l’édition compte cinquante pièces.
La complication mécanique n’interrompt pas le récit visuel du cadran. Au contraire : tout comme la Terre tourne sur son axe en vingt-quatre heures, l’aiguille GMT glisse au-dessus des pyramides, des forêts, des sommets et des mers du cadran et unit le temps au lieu.
La Perrelet x IFL Watches Weekend GMT Atlas est une œuvre exceptionnelle qui brise les moules monochromes et sans âme de la production en série et marie l’art à la science. Ce récit, qui va de la rose des vents à l’inclinaison axiale et de Polaris à l’art de la miniature, ne nous dit pas seulement quelle heure il est.
Chaque fois que vous regardez votre poignet, cette montre vous rappelle notre position d’existence sur cette planète ancienne, colorée et parfaite qui glisse autour du Soleil avec cette inclinaison miraculeuse de vingt-trois degrés et demi, et l’intemporalité du temps.
format_quote"Chaque fois que vous regardez votre poignet, cette montre vous rappelle notre position sur la planète et l’intemporalité du temps."
Hasan Bekmezci
La montre sur le site de son fabricant : Perrelet, Weekend GMT Atlas