Le voyage d’un promeneur cosmique entre les dimensions : la Franck Muller x Loes Van Delft

Sous la coupole de saphir bombé, Pjipje se défait des chaînes de la gravité dans sa combinaison spatiale et, des lettres en poche, va frapper à la porte de cinq génies du pop art.

Hasan Bekmezci · · 6 min read
Franck Muller

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Lorsque la coupole de saphir bombé de la Franck Muller x Loes Van Delft s’est ouverte, Pjipje, dans sa combinaison d’astronaute, s’est défait des chaînes de la gravité. Il n’était pas une figure ordinaire emprisonnée sur un cadran de montre, mais un promeneur cosmique glissant entre les strates des dimensions, un chercheur de vérité. Avec, dans sa poche, les lettres dessinées par Loes Van Delft, il est parti vers les cinq génies du pop art qui règnent dans les profondeurs de l’espace. Son but était de découvrir qu’il existe, dans les lieux inconnus, des êtres bien plus beaux, plus colorés et plus conscients que sur la Terre, et de leur porter des nouvelles du monde.

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La Franck Muller x Loes Van Delft. Boîtier tonneau en acier, glace saphir bombée et bracelet en alligator bleu ; sur le cadran, Pjipje en combinaison spatiale. Photo: Franck Muller

La première halte fut Mercure, la planète la plus proche du Soleil. Sur cette orbite qui répand une aura argentée sous la lumière brûlante du Soleil, Andy Warhol apparut, assis sur une colonne de lumière. À côté de lui se tenait la fameuse image de la boîte de soupe Campbell. Comme Pjipje lui tendait la lettre, Warhol désigna sa propre œuvre :

Quand j’étais sur la Terre et que je peignais ces boîtes de soupe produites en série, je montrais aux gens à quel point ils s’étaient laissé enfermer dans des moules terrestres, Pjipje. Les gens se prenaient pour un contenu fabriqué à l’intérieur d’une boîte de métal. Or, dès que le couvercle de cette boîte s’ouvre, l’âme est libre. Regarde : les êtres conscients de ces dimensions sont des âmes infinies qui se sont échappées de leur boîte de métal et qui brillent d’une joie sans mélange.

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"Les gens se prenaient pour un contenu fabriqué à l’intérieur d’une boîte de métal. Or, dès que le couvercle de cette boîte s’ouvre, l’âme est libre."

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Le cadran en entier. La scène que l’artiste a d’abord peinte sur toile, ramenée à l’échelle du cadran en préservant ses proportions et ses couleurs. Photo: Franck Muller

Pjipje quitta Mercure d’un souffle et alluma ses fusées. Une distance immense l’attendait : il franchit les quelque 770 millions de kilomètres de vide cosmique qui séparent Mercure de Jupiter en un saut d’espace-temps d’environ 43 minutes à la vitesse de la lumière. Le poids massif du temps fondit et il entra dans le champ gravitationnel de la géante gazeuse.

Dans l’atmosphère rouge et orageuse de Jupiter, Roy Lichtenstein redessinait à la poussière d’étoiles les bulles de dialogue de sa fameuse Drowning Girl. Il lut le mot apporté par Pjipje et regarda son propre personnage :

Cette fille de mon tableau, celle qui préférait couler plutôt que d’appeler à l’aide, c’était l’humanité qui se croyait en train de se noyer dans des angoisses terrestres et des chagrins factices. Mais ces vagues déchaînées sont restées sur la Terre, Pjipje. Regarde : dans cette dimension, il n’y a ni noyade ni peur. Ce qui nous accueille n’est pas un cauchemar, mais le tableau le plus coloré et le plus lumineux dessiné par le Maître de l’Infinie Miséricorde.

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"Ce qui nous accueille n’est pas un cauchemar, mais le tableau le plus coloré et le plus lumineux dessiné par le Maître de l’Infinie Miséricorde."

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Le corps rouge de la fusée dans la moitié inférieure du cadran et les nuages violets. La profondeur de la scène vient de dessous les couches de laque. Photo: Franck Muller

Après avoir pris congé de Lichtenstein, Pjipje quitta Jupiter d’un souffle, parcourut les quelque 650 millions de kilomètres qui séparent Jupiter de Saturne en 36 minutes à la vitesse de la lumière, et entra dans l’orbite des anneaux envoûtants de Saturne.

Dans les anneaux d’or de Saturne, Keith Haring glissait avec la figure du Radiant Baby, qui semblait avoir bondi hors de ses toiles. Haring toucha la combinaison de Pjipje :

Ce bébé qui rampe et qui rayonne, celui que j’ai dessiné, Pjipje. Il est le premier état de l’âme pure, délivrée du poids du corps. L’homme ne disparaît pas quand il meurt ; il jette le vêtement grossier qu’il portait et devient sans poids, comme ce bébé de lumière. Les êtres conscients de cette dimension ne connaissent ni la haine ni la gravité. Ils dansent seulement dans la lumière de l’Infinie Miséricorde.

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"L’homme ne disparaît pas quand il meurt ; il jette le vêtement grossier qu’il portait et devient sans poids, comme ce bébé de lumière."

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Le visage sous le casque et la lettre F dans l’angle supérieur gauche. Les initiales de la maison ne sont pas un repère posé sur le cadran mais une part de la scène. Photo: Franck Muller

Pjipje se dégagea d’un souffle des anneaux dorés de Saturne et prit la route de l’espace profond. Il franchit les quelque 2,7 milliards de kilomètres glacés qui séparent Saturne de Neptune en environ 2,5 heures-lumière, par une courbure de la gravité, et atteignit le bleu profond.

Dans les bleus calmes et profonds de Neptune, Jean-Michel Basquiat se tenait là, cette couronne iconique à trois pointes flottant au-dessus de sa tête. Il sourit à Pjipje :

Sur la Terre, je posais cette couronne sur les boxeurs et sur les gens seuls dans la rue, parce que je devinais que chaque âme porte un royaume. Mais la vraie couronne, quand nous changeons de dimension, c’est le Plus Miséricordieux qui la pose, celui qui ne nous punit pas mais nous recueille avec tendresse. Qui donc a peur de passer de sa propre maison à un palais plus beau ?

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"Qui donc a peur de passer de sa propre maison à un palais plus beau ?"

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Le bord inférieur de la scène : nuages violets, éclairs jaunes et gouttes projetées dans le vide. Photo: Franck Muller

Descendant de l’atmosphère de Neptune, Pjipje franchit les quelque 1,4 milliard de kilomètres de vide entre Neptune et Pluton en 1,3 heure à la vitesse de la lumière et parvint à la frontière la plus extérieure du système solaire.

Dans la mer d’étoiles infiniment mouchetée de Pluton et de la ceinture de Kuiper, Yayoi Kusama attendait dans un tissu d’espace couvert d’Infinity Dots. Kusama posa l’un de ses points sur le casque de Pjipje :

Ces millions de points que je peins sur mes toiles. Chacun d’eux est le reflet d’une conscience différente dans l’univers, d’une âme éveillée. Nous prenons la Terre pour notre unique maison, et pourtant chaque point est une vie lumineuse qui rejoint le festin sans fin du Plus Miséricordieux, du Plus Compatissant.

Quand Pjipje eut remis les lettres et écouté ces analogies cosmiques, il ressentit une paix profonde à l’intérieur de sa combinaison. Même si les distances se comptaient en centaines de millions de kilomètres et le temps en heures-lumière, il n’y avait aucune place pour la peur dans l’infini qui se tenait derrière ce verre. L’inconnu était bien plus beau que la Terre, car derrière cet inconnu se tenait le Maître de l’Infinie Miséricorde, qui enveloppe tout de couleur, de conscience et de tendresse.

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Les aiguilles et le centre. La scène ne vit pas sous un cadran : elle vit entre les aiguilles. Photo: Franck Muller

La montre qui porte ce voyage est elle-même un travail de traduction. La scène a d’abord été peinte sur une toile ; puis cette œuvre a été ramenée à l’échelle du cadran sans altérer son esprit, ses proportions ni sa palette exacte. Pour cela, pas moins de trente couches de laque ont été appliquées sur le cadran, avec environ une heure de séchage entre chacune. La profondeur que l’on voit au poignet n’est pas une impression, mais le travail de dizaines de couches transparentes superposées.

Le boîtier est, selon les mots de la maison, un corps tonneau en acier sculpté, et le saphir qui suit la courbe du cadran se pose dessus. Le bracelet est en alligator bleu à surpiqûres bleu clair, accordé au bleu du cadran. La collection se décline en deux coloris, rose et bleu, et chaque couleur est proposée en version sertie et non sertie ; le boîtier de cette version bleue ne porte aucune pierre, et la sobriété de l’acier poli équilibre la densité du cadran. Un giclée spécial accompagne les montres : la version non sertie est à 12 650 euros et le boîtier serti à 19 850 euros.

C’est la première montre de dame que Franck Muller signe avec Loes Van Delft.

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Le bracelet en alligator bleu et la signature Loes Van Delft sous le boîtier. Photo: Franck Muller
Category Chefs-d’Œuvre
Author Hasan Bekmezci
Published Ağustos 21, 2026
Read Time 6 min read
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