La collection Chopard L.U.C XP Urushi, qui réunit sur un seul cadran l’ingénierie micromécanique suisse et l’art laqué traditionnel séculaire du Soleil-Levant, est l’un des exemples les plus distingués du concept de cadran d’art (Métiers d’Art). Le modèle « Treasured Turtle and Snake » (Réf. 1902), présenté en avant-première, immortalise sur son cadran le combat de la nature pour la vie et une amitié éternelle, grâce à un artisanat envoûtant.
L’histoire : un serment silencieux au bord de la rivière
Dans la forêt d’Urushi luxuriante au pied des montagnes brumeuses du Japon, ce n’était pas le tic-tac du temps que l’on entendait, mais le bruit du vent, des feuilles et de l’eau qui coule. Sur la rive de la rivière claire qui traversait cette forêt et se glissait dans la vallée vivait une vieille tortue, installée là depuis de longues années. Sa carapace s’était durcie au fil des tempêtes et de l’expérience des ans ; ses pas étaient lourds comme la patience même, mais inébranlables.
Un matin de printemps, la fonte des neiges des montagnes fit soudain gonfler les eaux de la rivière. Tandis que la vieille tortue se promenait au bord de l’eau, elle aperçut un jeune serpent coincé parmi les rochers acérés de la rive. Le serpent était souple et rapide, mais impuissant face à la force de l’eau déchaînée. Sans hésiter, la vieille tortue entra dans l’eau ; se dressant contre le courant de son corps large et inébranlable, elle devint un refuge sûr pour le serpent. Reconnaissant, le serpent s’enroula autour du corps de ce vieil ami qui lui avait sauvé la vie en ce jour de tempête.
À partir de ce jour, un véritable lien d’amitié se noua entre ces deux créatures, en plein cœur de la nature. Chaque fois que des vents violents soufflaient dans la forêt ou que la rivière se déchaînait, le serpent s’enroulait autour de la carapace protectrice de son ami ; et la tortue, puisant sa force dans la souplesse et la vitalité du serpent, affrontait avec lui les épreuves de la vie.
Un vieil artisan qui vivait au plus profond de la forêt observa de loin l’harmonie que ces deux créatures montraient au bord de la rivière. Il crut que cette loyauté et cette union au sein de la nature ne devaient pas succomber au temps. Et il décida d’inscrire sur une petite toile le coucher de soleil doré sur la rivière, les vagues écumantes et l’étreinte éternelle de ces deux amis.
La résine d’un art ancestral : qu’est-ce que l’Urushi et le Maki-e ?
L’art de l’Urushi est un artisanat laqué japonais traditionnel, aux racines vieilles de plusieurs millénaires, extrêmement laborieux et exigeant en patience. Cette résine naturelle, obtenue de la sève du Toxicodendron vernicifluum (l’arbre à Urushi), ne peut être récoltée qu’une fois par an et en quantités très limitées. En raison de son effet toxique et parce qu’elle ne durcit que lentement, dans des environnements spéciaux à forte humidité au contact de l’air, elle n’est travaillée que par des artisans de la plus haute maîtrise.
La technique du Maki-e (image saupoudrée) appliquée au cadran repose sur le saupoudrage de poudres d’or, d’argent ou de platine sur la laque d’Urushi encore humide, à l’échelle du micron, à l’aide de tubes de bambou et de fins pinceaux. Chaque couche met des jours à sécher ; pour capter une profondeur parfaite et un effet visuel en couches, le cadran est poncé et repoli des dizaines de fois.
Les noms légendaires derrière l’art : Masumura et Koizumi
Le succès de Chopard dans cette collection repose sur la collaboration nouée avec Yamada Heiando, la maison de laque traditionnelle la plus prestigieuse du Japon et fournisseur officiel de la Maison impériale du Japon. Deux noms majeurs se distinguent au sein du projet.
Kiichiro Masumura (増村紀一郎) est un maître artisan honoré par le gouvernement japonais du titre de « Trésor national vivant » (Ningen Kokuhō). Masumura a conçu la composition artistique du cadran et a personnellement supervisé la palette de couleurs et la profondeur des textures Maki-e. Minori Koizumi, quant à lui, est un maître artiste Maki-e au sein de Yamada Heiando ; il a peint chaque cadran un à un sous le microscope, au fil de semaines d’un travail manuel méticuleux, superposant les poudres d’or couche par couche.
Iconographie et symbolisme
Les figures de la tortue et du serpent sur le cadran ne sont pas qu’une prouesse technique ; elles représentent l’harmonie parfaite des contraires de la nature. L’union enlacée de la tortue, qui symbolise la longévité, la constance inébranlable et la fermeté, avec le serpent, qui incarne le renouveau, la souplesse et l’énergie, souligne l’équilibre au sein de la vie. Les motifs de vagues et d’écume sur le fond sablé d’or évoquent, quant à eux, la fluidité du temps et le rythme éternel de la nature.
Spécifications techniques
Boîtier : or rose ou or jaune 18 carats ; environ 39,5 mm de diamètre, 6,8 mm d’épaisseur.
Mouvement : le calibre manufacture L.U.C 96.17-L, automatique extra-plat.
Rotor : un micro-rotor en or massif 22 carats ; double barillet Chopard Twin.
Réserve de marche : environ 65 heures.
Métier du cadran : laque Urushi faite main et art Maki-e à la poudre d’or 24 carats.
Valeur horlogère et art architectural
L’architecture du boîtier L.U.C XP est l’un des emblèmes de l’élégance extra-plate en horlogerie. En logeant dans un boîtier de seulement 6,8 mm d’épaisseur un mouvement à double barillet et à micro-rotor en or massif, Chopard équilibre l’intensité artistique du cadran par la sobriété de la structure du boîtier. Même une aiguille des secondes a été omise, afin de préserver l’intégrité de la toile artistique du cadran.
La Chopard L.U.C XP Urushi n’est pas un simple instrument qui indique l’heure ; c’est une toile vivante qui bat au rythme d’un calibre suisse et porte la philosophie de vie du Japon, tissée avec la nature.