Dans la vitrine d'un horloger
Un mardi soir pluvieux, la lumière filtrant par la vitre du petit atelier d'horlogerie tombait sur les minuscules rouages et les loupes de l'établi. L'horlogère Amelie allait fermer quand la porte s'ouvrit. Entra un homme portant encore sa valise, fatigué mais au regard doux : Marc. Quelqu'un qui, pour son travail, volait d'une ville à l'autre depuis des années et avait parcouru la moitié du monde.
"Je cherche une montre," dit Marc, "mais pas une montre ordinaire. Ma fille est partie étudier de l'autre côté de l'océan. Chaque fois que je l'appelle, soit elle dort, soit moi. Je calcule sans cesse le décalage horaire dans ma tête. Si seulement je pouvais voir son heure aussi, d'un simple coup d'œil à mon poignet."
Amelie sourit et sortit de la vitrine une montre fine et élégante ; au-dessus de son cadran bleu nuit brillait une petite lune parsemée d'étoiles. "Alors c'est exactement ce que je dois vous montrer," dit-elle. "Voici l'Oris Artelier Complication. Oris est une marque indépendante et familiale de la ville suisse de Holstein ; elle s'est donné pour principe de faire de vraies montres mécaniques pour de vraies gens. Et cette montre porte deux petits miracles pour précisément votre souci."
Deux heures, un poignet
Amelie montra la petite aiguille dans le bas du cadran. "Regardez ici, à six heures," dit-elle. "Ce petit affichage indique un deuxième fuseau horaire. Tandis que les grandes aiguilles des heures et des minutes au centre vous donnent l'heure de la ville où vous êtes, vous pouvez régler cette aiguille sur la ville où vit votre fille. Ainsi, même en réunion à Tokyo, d'un seul coup d'œil vous verrez s'il fait matin ou nuit chez elle."
"Vous n'aurez plus besoin de faire le calcul pour l'appeler," ajouta-t-elle. "Au poignet, deux villes, deux vies s'écoulent en même temps. C'est l'une des formes les plus élégantes de la complication que nous appelons 'deuxième fuseau horaire', ou GMT ; et la voir sur une montre classique et sobre comme l'Artelier fait sentir qu'elle est née non de l'ostentation, mais d'un vrai besoin."
format_quote"Au poignet, deux villes, deux vies s'écoulent en même temps."
Amelie
Sous la même lune
"Et cette petite lune là-haut ?" demanda Marc, l'œil sur la minuscule fenêtre à douze heures. La voix d'Amelie s'adoucit. "C'est ma partie préférée. Cela s'appelle un affichage des phases de lune. Comme la vraie Lune dans le ciel, cette petite lune croît et décroît lentement ; de la pleine lune au croissant, en un cycle d'environ vingt-neuf jours et demi. Cette petite lune à votre poignet est donc un miroir de la Lune même que vous voyez dans le ciel à cet instant."
"Imaginez," dit Amelie, "vous dans une ville, votre fille dans une autre, de l'autre côté de l'océan. Vos heures diffèrent, vos jours et vos nuits s'emmêlent. Mais la Lune est la même pour vous deux. Elle, et vous, pouvez regarder la même pleine lune la même nuit. Avec cette petite fenêtre, cette montre vous le rappelle chaque jour : quelle que soit la distance, vous partagez encore le même ciel."
Marc se tut un instant. "Ainsi cette montre montre non seulement l'heure," dit-il doucement, "mais un lien." Amelie hocha la tête.
format_quote"Quelle que soit la distance, vous partagez encore le même ciel."
Amelie
Trois couleurs, une élégance
"Et il y a trois humeurs différentes à choisir," dit Amelie, sortant deux autres montres de la vitrine. "Ce cadran ivoire dans ma main est calme et classique, comme la lumière du matin. Celui-ci, châtaigne, est chaud, comme l'automne ; et le bleu nuit que je vous ai montré, comme la lune étoilée qui le surmonte, est un ciel de nuit."
"Tous ont un boîtier en acier de 39,5 millimètres ; ni trop grand ni trop petit, une taille qui se glisse avec élégance sous une manchette de chemise. À l'intérieur bat le calibre 782 développé par Oris, et une fois entièrement remonté il marche environ quarante et une heures. La beauté d'Oris est là : elle offre une complication si poétique, par une approche honnête qui réduit les intermédiaires, à un prix que la plupart des gens peuvent atteindre."
"Le design aussi est gardé délibérément sobre," ajouta-t-elle. "Rien d'ostentatoire ; seulement deux heures, une lune et des lignes épurées. Car la vraie histoire n'est pas sur le cadran, mais dans le cœur de celui qui la porte."
Choisir un ciel de nuit
Marc regarda longuement les trois montres et choisit enfin la bleu nuit ; la petite lune étoilée qui la surmontait semblait porter le ciel de cette ville lointaine où vivait sa fille. En réglant le deuxième fuseau horaire sur son heure, ses mains tremblèrent légèrement.
"Désormais, chaque fois que je voudrai la regarder," dit-il, "je regarderai mon poignet. Je saurai quand elle se lève, quand elle se couche. Et quand il y aura une pleine lune, je lui enverrai un message : regarde la Lune ce soir."
En rangeant la montre dans son écrin, Amelie sourit. Dehors la pluie avait cessé, et la vraie Lune était apparue entre les nuages ; brillant au même instant dans le ciel et à douze heures sur un petit cadran.