Dans la plupart des grands sports collectifs, la pendule décompte et tout le monde la voit. Au basket, au football américain, au hockey sur glace, le temps s’épuise, une corne retentit, et il n’y a rien à discuter.
Le football ne fait pas cela. La pendule compte à l’endroit, ne s’arrête jamais et continue de tourner pendant les blessures et tous les temps morts ; à la fin, l’arbitre rajoute ce qu’il estime avoir été perdu. À la quatre-vingt-dixième minute, un chiffre s’affiche sur le panneau du quatrième arbitre, et même ce chiffre n’est qu’un minimum. Une seule personne sur le terrain sait quand le match finira vraiment, et nul n’en est certain avant le coup de sifflet.
Le jeu le plus regardé du monde laisse donc le temps volontairement incertain. Et cette incertitude n’est pas un défaut mais la texture même du jeu ; la tension des dernières minutes vient exactement de là.
format_quote"Le jeu le plus regardé du monde laisse le temps volontairement incertain. Cette incertitude n’est pas un défaut mais la texture du jeu."
Eric Berger
Cette montre est la huitième issue du long partenariat de Hublot avec la plus grande compétition européenne de clubs, lancée avec l’ouverture de la nouvelle saison. Cent exemplaires sont produits.
Le boîtier fait quarante-quatre millimètres, en titane, surfaces satinées et polies mêlées. Le choix du titane est une nécessité directe à cette taille : le même boîtier en acier serait sensiblement lourd, et quarante-quatre millimètres est déjà à la limite d’un poignet. La lunette associe deux matières, titane poli et céramique bleue. La céramique n’est pas là pour la seule couleur : elle résiste aux rayures bien mieux que le métal, et la lunette est la partie d’une montre qui prend le plus de coups.
Le cadran est bleu mat et squeletté. La vraie difficulté d’un cadran squelette sur un chronographe est la lisibilité : le mouvement se voyant au travers, le fond bouge sans cesse et les aiguilles risquent d’y disparaître. On y répond ici par une finition mate et des arêtes d’aiguilles épaisses. La marque figure à la pointe de l’aiguille des secondes ; poser une signature sur la seule pièce qui tourne est un procédé simple pour y accrocher l’œil.
À l’intérieur tourne le HUB1280 Unico, calibre chronographe maison de Hublot, composé de trois cent cinquante-quatre pièces et offrant environ soixante-douze heures de réserve. La particularité la plus connue de cette famille est que le mécanisme de chronographe se situe côté cadran : en le déclenchant, vous observez les pièces en mouvement par l’avant et non par le fond.
La commande est à roue à colonnes. La roue à colonnes est la pièce dentée qui aiguille les ordres de départ, d’arrêt et de remise à zéro ; elle coûte plus cher que les systèmes à came et donne un toucher plus doux. C’est d’ailleurs la part d’un chronographe que l’on ressent le plus au quotidien : on ne retient pas la justesse du mécanisme, on retient le caractère du poussoir.
Le fond est en céramique bleue, la marque de la compétition figurant sur le saphir en son centre.
format_quote"Ce que l’on ressent le plus d’un chronographe au quotidien n’est pas la justesse du mécanisme mais le caractère du poussoir."
Eric Berger
format_quote"Mesurer n’a jamais voulu dire savoir."
Eric Berger
Un partenariat entre une compétition sportive et une marque horlogère se résume d’ordinaire à un échange de logos. Ce qui rend celui-ci un peu plus intéressant, c’est que le temps y fonctionne de façon diamétralement opposée dans les deux domaines.
L’horlogerie s’emploie depuis des siècles à réduire l’incertitude : ramener l’écart sous la seconde, compenser la température, contrer la gravité. Le football, lui, préserve l’incertitude et s’en nourrit. Parce que personne ne sait quand les quatre-vingt-dix minutes finiront, quarante mille personnes retiennent leur souffle au même instant.
Attendre le coup de sifflet final en portant au poignet un instrument qui mesure bien au-dessous de la seconde rappelle que mesurer n’a jamais voulu dire savoir.